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Le Jardin des chefs

Pionnier de la culture des petits légumes au Québec

par / Lundi, 05 Août 2019 / Publié dans FANZINE, NOS PRODUCTEURS LOCAUX

Valérie Leblond

NOM

Valérie Leblond, propriétaire de la ferme Le Jardin des chefs (et très très chanceuse d’avoir eu comme parents Jean et Catherine Leblond ;-).

 

PRODUITS

Culture écologique — et sur mesure pour les chefs — de plus d’une trentaine de variétés de légumes pour la plupart proposés dans une version miniature et majoritairement de type ancestral. On y retrouve également des fleurs comestibles et des piments Gorria (de type Espelette). Si vous passez devant, n’hésitez pas à vous y arrêter, il y a un kiosque de vente !

Chaque année, le Jardin des chefs propose de plus quelques nouveaux produits. Par exemple, la cuvée des « petits nouveaux » en 2019 comprend le jalapeno jaune, le melon charentais, le chervis et les feuilles d’huîtres.

La petite histoire de la culture du piment « Gorria » de type Espelette
au Jardin des chefs

« Un jour, un passant inconnu est arrivé à la ferme avec un petit sac de semences de piment d’Espelette, raconte Valérie Leblond. Il arrivait du Sud de la France d’où il avait rapporté des semences, et il les a données à mon père en lui disant “Tu devrais essayer ça”. Il n’en fallait pas plus pour que Papa les plante, lui qui est encore à ce jour un maniaque de l’expérimentation. De quelques-uns à près de 4 500 plants, aujourd’hui, le piment Gorria s’est installé à demeure sur le plateau des Éboulements », continue-t-elle. En reprenant la ferme en 2012, elle a développé une véritable passion pour ce petit piment rouge parfumé. Elle travaille à sa mise en marché sous de multiples formes (poudre, huile, etc.) et espère en faire un ambassadeur de la marque Jardin des chefs.
À noter, l’Espelette étant une appellation contrôlée, on ne peut pas le désigner comme tel.

Piment Gorria Le Jardin des Chefs

FONDATION DE L’ENTREPRISE

Avant d’être une entreprise, la fermette Le Jardin des chefs s’appelait « La Métairie du plateau ». C’est un endroit unique où Catherine et Jean Leblond avaient choisi de s’établir en 1975 pour se rapprocher du fleuve avec leurs cinq enfants. On connaît bien Charlevoix, et les Éboulements aussi. Mais le Plateau des Éboulements, c’est autre chose : un petit endroit béni des Dieux, accroché entre ciel et mer. Il y fait quelques degrés de plus qu’ailleurs, si bien qu’habituellement on peut commencer plus tôt à semer et terminer plus tard la saison.

Tous deux passionnés de nature et de culture (Catherine pour les fleurs et Jean pour tout ce que la Terre peut apporter de bon à manger), ils se sont lancés dans une aventure dont leur fille Valérie a repris le flambeau en 2012.

C’est dans un décor unique que les cinq enfants Leblond ont fini de grandir et s’épanouir, après avoir voyagé pendant quelques années avec leurs parents qui avaient glané ici et là des idées, des odeurs, des couleurs, des goûts qu’il leur tardait de partager ici, chez nous.

En plus, en 1976, Catherine Leblond achetait une auberge à Saint-Joseph-de-la-Rive « juste en bas de la côte ». « La Perdriole » restera longtemps gravée dans la mémoire de ceux et celles qui ont eu la chance d’y séjourner quelques jours. On s’y sentait en famille, on y mangeait divinement, servis par toute une marmaille d’ados et de jeunes adultes qui riaient et respiraient le bonheur, dont la petite Valérie, avant-dernière de la famille, qui n’avait que dix ans lorsque la famille s’est établie dans la région. « J’ai vécu des années merveilleuses avec mes frères et sœurs, à courir partout, aider à la ferme, aider à l’auberge, jouer dans la glaise ou avec les grenouilles, manger des carottes fraîches. J’ai grandi dans un cadre festif, où les repas étaient grandioses et interminables… », raconte-t-elle.

Le Jardin des Chefs Jean Leblond

À l’époque, les chefs avaient du mal à trouver les légumes qu’ils voulaient. Le bouche-à-oreille n’avait pas tardé à faire connaître Jean Leblond aux plus grands chefs du Québec qui souhaitaient offrir à leur clientèle une assiette aussi bonne que belle, ce qui lui avait valu le surnom de « jardinier des chefs ». La Métairie est donc devenue « Le Jardin des chefs », un véritable laboratoire d’essais et d’innovations dans le domaine de l’agriculture gastronomique, qui approvisionne encore aujourd’hui — et de plus belle ! — les plus grands noms de la gastronomie de Montréal, Québec et de la région de Charlevoix.

« Alors que le Québec en était encore à une culture rassurante, mon père, aiguillé par la demande de certains grands toqués du Québec, s’est mis à produire des pommes de terre bleues, des Belle de Fontenay et des rattes, du fenouil et du tétragone, des mini-poireaux, des betteraves jaunes, des crosnes, des topinambours, des mini-rabioles, des pâtissons ou des rondes de Nice, pour ne nommer que ceux-là. Il a aussi offert ce que l’on appelle le “mesclun gastronomique” à base de pousses de laitues et de fleurs comestibles. À cette époque, ma mère participait à la cueillette des fleurs et à les mettre en pétales. À l’écoute des chefs, mon père s’est amusé à tester les demandes de ceux-ci, ce qui a mené parfois à des échecs, mais parfois à des supers récoltes ! Il a toujours été animé par le désir de promouvoir les variétés ancestrales et peu communes au Québec. »

« Quand j’avais 13 ou 14 ans, il disait qu’il “créait une palette de couleurs pour les chefs, qu’il était l’artisan de l’artiste”, et ça m’énervait !!! Mais aujourd’hui, avec le recul, je suis bien obligée d’avouer qu’il avait tout bon… »

 

FORMATION

Jean Leblond a su transmettre son amour pour la Terre, sa vision, sa science et sa clientèle à Valérie, qui a pris la relève de l’entreprise en novembre 2012. « Il est le meilleur consultant dont on peut rêver pour tout ce qui concerne l’agriculture… Ma mère, quant à elle, est une conseillère hors pair sur le plan des émotions. Et comme ils habitent à deux pas de la maison, ils sont d’un soutien indéfectible en toutes occasions, autant pour m’aider avec ma fille lors des périodes d’activités intenses à la ferme que pour la culture, quand ça déborde, explique-t-elle. Et puis Papa s’est tout de même gardé un petit “champ laboratoire” pour continuer à essayer des nouveaux trucs, ça va de soi. »

 

ÉTINCELLE DE DÉPART

Valérie Leblond est revenue chez ses parents en 2008 pour une année sabbatique, épuisée par une vie professionnelle effrénée et maman d’une petite fille. Cette année sabbatique dure depuis plus de onze ans, et elle n’a aucune envie de retourner en ville. « Comme le disait mon père — et ça aussi, ça m’énervait beaucoup ! — le salaire d’une vie comme la nôtre, c’est le fleuve et la beauté du site, de pouvoir prendre une poignée de haricots frais pour le souper… Je suis ici pour rester. Et si heureuse de pouvoir faire vivre à ma fille ce que j’ai vécu. »

 

LES PLUS GRANDS DÉFIS

« Bien sûr, il y a le défi de joindre les deux bouts, sur le plan financier, quand on opère une fermette. La concurrence est féroce pour les légumes, quand on fait de l’agriculture artisanale. C’est tout un défi aussi de respecter la Terre du mieux qu’on peut, pour qu’elle soit clémente avec nous. Le travail manuel est la meilleure façon de faire pour qu’elle soit généreuse », explique Valérie.

La rotation des cultures, entre autres, est essentielle, et lorsque la saison se termine, fin octobre, Valérie… se couche. « Je dors pendant un mois ! », dit-elle en rigolant. Mais c’est presque vrai. « Puis, en décembre et en janvier, je recommence doucement à penser à la saison qui suivra. Je me mets à visualiser les champs, à les dessiner, ceci notamment pour déjouer les bestioles qui ne s’y retrouveront plus ! »

 

LES PLUS BELLES SURPRISES

« J’adore quand, au printemps, je découvre des petites merveilles qui reviennent sans qu’on s’y attende. L’année dernière, j’avais paresseusement, à la fin de la saison, mis mes plants d’œillets du poète par terre, en dessous des tables de travail à l’extérieur, plutôt que dans le compost. Et au printemps, ils ont recommencé à fleurir. Un véritable cadeau ! Et puis, lorsque je commence les semences en serre, et qu’au bout de 3 ou 4 jours je peux déjà apercevoir des petites têtes vertes apparaître, ça ne manque pas, chaque année je me mets à pleurer. Quand la Terre nous apporte des choses comme ça, ça nous donne un certain recul. Je suis là pour “exécuter” ce qu’on me demande, ce n’est pas moi qui décide pour le reste… »

 

INSPIRATION

« Mes parents, bien sûr, qui ont su par leur travail acharné créer un petit paradis et nous transmettre à tous cet amour qui les a inspirés. »

 

ASPIRATIONS

« Mon petit rêve, à moi, c’est d’arriver à mousser la notoriété de notre piment Gorria. Nous avons maintenant un petit kiosque de vente attenant à la ferme, et on y vend nos produits, notamment notre piment, sous diverses formes (moulu, etc.). La commercialisation du piment me permettra également de poursuivre mes activités pendant l’hiver, un vœu qui m’est cher. »

 

FAIT MARQUANT

« Le jour officiel de la passation des pouvoirs entre Papa et moi. Je me suis effacée un peu, car je voulais lui laisser toute la place. Il avait convié près de 150 chefs, une foule d’amis, la famille, les voisins… C’était une grande fête gastronomique, et en même temps les adieux de mon père — quoique, à l’instar de Dominique Michel, ça faisait quelques années qu’il annonçait son départ ! »

 

PLAT PRÉFÉRÉ

« Tout ce qui vient de la mer… »

 

ENFANT TERRIBLE DEPUIS NOVEMBRE 2016

Tracteur Le jardin des chefs

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